Dans nos sociétés, tout doit avoir un nom, une classification. On n’est plus Paul ou Jacques, avec toutes les différences humaines que cela suppose, mais un membre d’une classe socioprofessionnelle par exemple. On est tous sous une étiquette plus ou moins glorieuse et c’est à travers elle qu’on se présente, et pire qu’on se définit. C’est ce qui nous fait. Au point qu’en quittant son emploi pour la retraite, on perd soudainement toute identité.
Dans le monde de la médecine, les gens sont classés par pathologie : on a ainsi des gens qui se regroupent sous la catégorie obèse. Ils se résument à cela. D’abord pour l’équipe médicale et puis très vite pour eux-même. Pour créer cette catégorie, on a cherché des corrélations et, comme qui cherche trouve, on a trouvé... Il y a donc une classification pour les obèses. Et que trouve-t-on dedans ?
Selon plusieurs études, il existe 5 facteurs qui influencent la prévalence (nombre de cas de maladies, ou de tout autre événement médical, enregistré dans une population déterminée, et englobant aussi bien les cas nouveaux que les cas anciens) de l’obésité :
- L’âge : la masse grasse moyenne augmente avec l’âge dans la plupart des pays, jusqu’à 60, 70 ans. (On ne nous explique pas pourquoi..)
- Le sexe : la prédominance féminine l’obésité est classique, néanmoins les dernières études épidémiologiques françaises révèlent des pourcentages équivalents dans les deux sexes (or donc, la prédominance n’est plus féminine…)
- Facteurs géographiques : l’étude MONICA et d’autres études épidémiologiques montrent une disparité géographique dans la prévalence de l’obésité. Cette disparité n’est pas vraiment expliquée et relève, au moins partiellement, de facteurs culturels (type d’alimentation, mode de vie) et de facteurs socio-économiques. (Tiens, j’aurais bien aimé avoir la carte géographique moi..)
- Niveau socio-économiques : aux USA, comme dans de nombreux pays européens, l’obésité est plus fréquente dans les milieux défavorisés (voilà qui donne à réfléchir.. est-ce le manque d’argent ou est-ce l’état émotionnel de ces personnes qui est la raison du manque d’argent et aussi celle du trop de nourriture ?)
- Ethnie – Génétique : ces facteurs sont difficiles à identifier dans notre pays. Dans d’autres pays, on note cependant l’influence de l’ethnie (noirs américains, américains d’origine hispanique, océaniens par exemple) qui n’est pas complètement expliquée par des différences de niveau socio-économiques (on retrouve quelque chose de la culture surtout..)
A l’arrivée, on a une sorte de portrait de l’obèse. Une sorte de manière de dire qu’on serait capable de prédire qui va être obèse et quelle vie il a… Mais on en fait quoi ? A part nous laisser croire que nos problèmes de poids sont extérieurs à nous-même et liés uniquement à notre région/pays, ou à notre culture ou éventuellement à notre âge ou bien encore à notre sexe.
Classer cela rassure. Cela donne à penser qu'on contrôle un peu ce qui nous entoure. On connaît les signes. Mais, comme toujours, on n’en sait pas plus. On ne dit pas pourquoi. On n’explique rien. Pire.. on s’éloigne de l’explication. Classer ne permet pas de comprendre, de connaître et rencontrer l’autre dans son individualité. Au contraire. Cela l’éloigne encore plus de lui-même, maintenant qu’il a endossé cette identité d’obèse. Pourtant, un obèse, tout obèse qu’il est, n’est pas qu’un obèse. Personne ne peut se résumer à une généralité

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