Et si on mangeait pour
grossir ? Cela paraît énorme de le dire ainsi dans une société qui vante la
minceur et exige surtout la maigreur
Et pourtant. Nombreuses sont les personnes en surpoids qui, bien que souffrant physiquement et moralement de ce corps trop lourd, disent clairement (ou pas des fois) qu’elles se sentent vulnérables dès qu’elles maigrissent.
Certains assistent, impuissants, à une telle montée d’angoisse, qu’ils laissent tomber (en urgence) leur régime et se dépêchent de reprendre les kilos si difficilement perdus… Ironique vraiment ! C’est comme s’ils perdaient une armure, une protection, une cachette ? Une cachette.. voilà un mot qui me plaît bien. Que peut-on cacher sous les kilos ?
Que représente ce corps plus vaste, plus large, plus volumineux ? Sommes-nous en train de parler de poids, de volume, d’espace, de place ? Qu’est-ce qui compte psychologiquement ? Qu’est-ce qui fait que cela permet à l’individu de se sentir plus fort ? On dit souvent que le poids qu’on n’a pas dans sa tête ; on le transpose, comme un appel, sur son corps. Un cri. Regarde moi, toi qui ne me vois pas. Vais-je compter plus, si je prends plus de place ? Il faut devenir visible. Et pourtant, c’est le contraire qui se passe.
A force de grossir, on disparaît, en tant qu’objet du désir, au regard de l’autre. Et si c’était aussi le but ? Repousser la sexualité. Se soustraire à son propre désir en ne suscitant pas le désir de l’autre ? Eviter le désir qui n’est pas contrôlable et devient parfois si angoissant en ce qu’il menace notre équilibre, notre individualité.
Car c’est le corps, associé à la parole, qui nous fait, nous construit en tant qu’individu distinct de l’autre. Il signe la séparation entre nous et l’autre. Peut-être que nos problèmes à vivre avec lui et à le rendre séduisant ou pas sont directement à mettre en relation avec notre rapport à l’autre. Si on a besoin d’un corps si gros, est-ce parce qu’on ne parvient pas à tenir face à l’autre ? Si on fuit la sexualité, est-ce par peur de se perdre soi-même dans la rencontre avec le corps de l’autre ?
C’est vrai que souvent, les personnes en surpoids, sont des personnes qui n’arrivent pas à se défendre, qui ne savent pas dire non. Comme si se défendre était dangereux, angoissant. Parce que s’imposer c’est risquer de perdre l’amour de l’autre. Parce qu’ils n’ont pas appris que l’amour est inconditionnel. Qu’il n’est point besoin d’être gentil et soumis pour être aimé.. d’ailleurs, c’est bien connu.. on aime plus souvent les mauvais garçons que les bons… Mais c’est dans l’inconscient qu’on véhicule les raisons de nos angoisses. Il n’y a aucune généralité possible. Personne ne ressemble à personne. Chacun se raconte sa propre histoire… et parfois la subit.


2 Commentaires
1
Le dernier chapitre est tellement vrais, alors comment faire pour ne pas se jeter sur la nourriture à chaque petit problème? J'aimerais sortir de ce cercle vicieux, j'ai déjà fait des d'efforts, je me jette bc moins souvent sur la nourriture, mais je n'arrive tj pas à m'arrêter quand je commence ça n'en fini plus???? Je ne sais pas dire STOP, il est temps de refaire attention, tu t'es fait plaisir, du mal, tu t'es vengé, mais maintenant STOP
14 août 2008 Ã 13:212
Si c'est un problème qui te dépasse, c'est que cela a à voir avec ton inconscient. Je te conseille de tenter une psychothérapie avec un psychologue ou un psychiatre. Prends le temps d'en choisir un avec lequel tu accroches vraiment et parle de de toi...
14 août 2008 Ã 13:44Courage... c'est possible de s'en sortir!!
Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.