Un livre qui fait réfléchir!

Savoir_manger Les Grignotes de poulet rôti La Gauloise affichent 16,5 % de lipides et 247 kilocalories pour 100 grammes, alors que le poulet contient environ 110 kilocalories pour 100 grammes.

Les galettes poireaux-carotte de chez Bonduelle contiennent, sous une appellation extrêmement vertueuse, 130 kilocalories pour 100 grammes et 10 grammes de lipides.

Les minichoux fourrés sont une aberration nutritionnelle, avec 660 kilocalories aux 100 grammes et des teneurs en huile à 60 % absolument ahurissantes.

De tels exemples d'hérésie culinaire, on en trouve à la pelle dans le livre des docteurs Jean-Michel Cohen et Patrick Serog "Savoir manger". C'est un livre qui date de 2006 mais qui est mis à jour chaque année. Et il ne perd décidément rien de sa pertinence. Dans l'édition 2008-2009, ils ont analysé 15 000 produits vendus sous des marques nationales ou des marques de distributeurs, y compris de hard discount . Car, comme ils l'expliquent d'emblée, « l'alimentation ne peut se réduire à de simples rapports nutritionnels, aux taux de glucides, lipides et protéines. Il faut considérer les différents ingrédients employés - toujours énumérés par ordre décroissant de quantité. Globalement, leur nombre est inversement proportionnel au prix du produit... et à sa qualité nutritionnelle » .

Le détail des substances entrant dans la composition des aliments industriels a de quoi faire frémir : ces médecins en ont trouvé jusqu'à 50 (et 40 dans des crèmes glacées). En d'autres termes, une même appellation peut cacher des compositions bien différentes. Que penser d'un pain d'épices préparé avec une dizaine de substances, mais pas de miel, alors que la recette traditionnelle du même gâteau en prévoit plus de 50 % ? Ou d'une mousse de canard faite de lait, foie de canard, gras de porc, graisse de canard, dextrine, foie de poulet, oeufs, crème et... sirop d'érable ? Comment expliquer que, selon les marques, les « barres de céréale » contiennent de 31 à 68 % de ces fameuses céréales ?

Mais le vrai problème réside dans la nature même de ces ingrédients. Premier accusé : le sirop de glucose-fructose - provenant de l'amidon, donc du maïs ou du blé -, qui remplace souvent le saccharose ou le glucose, en raison de son pouvoir sucrant supérieur et de son coût inférieur. Or il est maintenant admis que sa consommation excessive augmente la synthèse de triglycérides (qui encrassent les artères). Il serait aussi incriminé dans l'obésité, car il favorise la constitution de stocks de graisses. « Et il serait responsable de stéatose hépatique, autrement dit de la formation d'un foie "gras", habituellement retrouvé chez les buveurs excessifs » , ajoute Patrick Serog. Voilà de quoi réfléchir...

Source du texte : lepoint.fr

 

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