Jean-Pierre Corbeau est professeur de sociologie à l'université de Tours. II défend l'idée qu'il ne faut pas choisir entre plaisir et santé, mais concilier les deux. Les opposer, écrit-il, "revient à entériner des hiérarchies de valeurs héritées de trajectoires éthiques et religieuses, teintées d'un certain puritanisme, selon lesquelles le plaisir serait incompatible avec la surveillance et le contrôle de soi. Comme si le plaisir conduisait nécessairement à l'excès".
Nombreux sont les spécialistes en sciences humaines et sociales appliquées à l'alimentation qui pensent comme lui. Parce qu'ils savent que le plaisir du goût participe à la construction de l'identité de l'individu et ce, dès sa naissance, voire même avant. Ils conseillent d'ailleurs de réhabiliter l'aliment dans toutes ses dimensions, son goût, son histoire et sa symbolique.
Jean-Pierre Corbeau et les auteurs qui ont participé à l'ouvrage "Nourrir de plaisir" expliquent que le plaisir demande de l'attention et du temps. Il faut être attentif à ses sensations gustatives et mettre des mots dessus. S'il est indispensable d'intégrer le plaisir à l'éducation nutritionnelle, l'aliment ne doit jamais être considéré comme une récompense - notamment pour les jeunes enfants -, mais comme une composante nécessaire à l'épanouissement de chacun.
Voilà une idée qui me plaît bien !

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