Souvenez-vous, dans les années 1980 et 1990, les produits allégés ont progressivement colonisé tous les rayons des super et hypermarchés : beurre, yaourt, chocolat, biscuits apéritifs, chips ou confiture, tout y
passe ! Or, depuis quelque temps, le marché semble battre de l’aile, c’est le moins que l’on puisse dire : moins 6,7 % sur le chiffre d’affaires des céréales allégées en 2008, - 8,7 % sur les yaourts et fromages blancs, -19,3 % sur les desserts, alors que les produits classiques étaient stables ou en hausse (source Nielsen).
Pire, le chiffre d’affaires des biscuits Taillefine, qui atteignait 30 millions d’euros en 2005, a chuté de moitié en 2008. Seules les boissons light continuent à progresser, à commencer par Coca-Cola light, qui a vu ses ventes grimper de 7,5 % au troisième trimestre 2008. Selon une récente étude du cabinet d’études Cegma Topo dont je faisais l’écho récemment, près d’un Français sur deux pense « qu’il faut exclure, éviter ou consommer exceptionnellement des produits allégés »
Pourquoi une telle désaffection ? Pour le célèbre et très médiatique nutritionniste Jean-Michel Cohen, «les consommateurs arrêtent d’acheter des produits light car ils s’aperçoivent qu’ils ne maigrissent pas en les mangeant.» D’ailleurs, depuis l’apparition des produits allégés en France, surpoids et obésité ont grimpé en flèche. En outre, J.Michel Cohen ajoute que «la sensation de satiété n’est pas la même qu’avec les produits traditionnels. La tentation est alors de manger deux yaourts light au lieu d’un seul classique, ce qui est finalement plus calorique».
Aujourd’hui, la tendance va plutôt verts le naturel, le plaisir et la gourmandise, qui sont contraires aux produits allégés, associés à l’artificiel et la contrainte. En bref, on préfère se régaler avec un beurre traditionnel, plutôt que de tartiner tristement son pain avec une matière grasse allégée. Avouons que c’est effectivement plus réjouissant !

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