La crise économique n’épargne pas le secteur de la gastronomie. Le quotidien « 20 minutes » en fait écho aujourd’hui. Le Synhorcat (deuxième syndicat de restaurateurs) annonçait il y a peu
une baisse du chiffre d’affaires des restaurateurs de 10 à 50 %, selon les régions, au premier trimestre 2009. Si la fréquentation ne chute pas trop, c’est surtout la note moyenne qui en prend un coup. Les consommateurs hésitent à prendre une entrée ou un dessert et préfèrent bien souvent boire leur café en rentrant au bureau plutôt qu’au resto ! Depuis quelques mois, les restaurateurs rivalisent d’imagination pour attirer la clientèle, avec des « menus anticrise », des cafés « low-cost », voire, à l’instar des Britanniques, des menus « libre prix »… Et il semblerait bien que ça marche ! Certains restaurateurs ont ainsi doublé leur chiffre d’affaires. A Nantes, l’établissement « l’Etage » Un a lancé la formule « menu crise » (plat et dessert) à 3,50 € le mardi midi. Le patron se frotte les mains : « on ne perd pas d’argent ce jour-là et on double notre chiffre d’affaires sur l’ensemble de la semaine ». A Toulouse, le restaurant « Jour de fête » a lancé au mois de janvier un menu à 7 € le midi, comprenant une crêpe, une boisson et un café. « Nous devons être créatifs pour attirer les clients, car l’activité est très irrégulière, confie Muriel Gasc. Les salariés ont changé leurs habitudes de consommation : au lieu de déjeuner au restaurant le midi, ils préparent eux-mêmes leur repas qu’ils avalent au bureau. Pour conserver les clients, nous organisons régulièrement des soirées tapas, des expositions ou des animations musicales ». Le « bistrot de Saint-Paul », à Lyon (5e), a quant à lui, remplacé le prix du menu sur l’ardoise par un point d’interrogation. Les clients paient la somme qu’ils veulent pour les menus du jour, autrefois affichés à 14,50 € à midi et 21,50 € le soir. La gérante explique : « C’est l’alternative à la fermeture certains jours de la semaine, mais aussi au licenciement de personnel ». Dès la deuxième semaine, les clients payaient en moyenne 17 € le repas du midi. « Seule une personne a choisi de ne régler que 6,70 € ». A Paris, nombreux sont les restaurants gastronomiques qui ont revu leur prix à la baisse. Ainsi, le Mori Venice Bar propose une formule déjeuner (antipasti + plat + dessert) rebaptisée CAC 40, pour faire sourire une clientèle quelque peu pessimiste. Le prix du menu varie donc (entre 34 et 40 €) selon le cours du marché. La désormais célèbre sandwicherie « Goutu » a lancé le principe du sandwich à 1 €. A ce prix là, on peut s’en offrir deux ou trois sans se ruiner !

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